Chapitre 2
Dec. 2nd, 2005 | 02:27 pm
Nbre de mots : 4 496
Nbre Total : 41 300
Bon comme un chapitre de 15 000 mots ce n'est peut-être pas très agréable à lire, j'ai modifié mon organisation et je l'ai découpé. Du coup il n'en fait plus que 4 496 et vous avez même droit dans mon incroyable générosité de le lire XD...
Allez tant pis pas de cut grrr
Chapitre 2
Joan, se réveilla avec un horrible mal de tête.
« Aoutch …ma têêêteeuh… »
Elle ouvrit péniblement les yeux, avant de les refermer brusquement. La lumière crue, lui faisait mal aux yeux. La pièce tournait autour d’elle. Tout était flou et donnait la désagréable impression de danser autour d’elle.
Quelques minutes plus tard, elle fit une nouvelle tentative. Cette fois, elle put détailler la pièce où elle se trouvait. C’était une simple mansarde, constituée de deux chaises bancales, d’une souche en guise de table et de deux misérables paillasses. Celle où elle se trouvait et manifestement, une autre destinée à quelqu’un d’autre. Probablement son mystérieux hôte. Car elle devait bien avouer que c’était la première fois qu’elle voyait cet endroit.
Il n’avait rien de commun, avec sa chambre où son univers habituel. Il était d’une saleté repoussante et une odeur nauséabonde s’en dégageait.
Où pouvait-elle bien être ?
Joan était encore bien trop faible pour ce soucier de quoi que ce soit. Et étrangement, tout çà ressemblait bien trop à un mauvais rêve. Elle se laissa retomber lourdement sur son matelas rudimentaire et referma précautionneusement les yeux. Tout cela n’était qu’un mauvais rêve. Oui, c’était cela, tout çà n’était qu’un mauvais rêve. Un bien mauvais rêve…
Elle avait à peine eue le temps de se convaincre, que la porte de la pièce s’ouvrit avec violence. Un homme, tout aussi crasseux que la pièce où ils se trouvaient, entra. Une barbe de plusieurs années lui mangeait le visage, son front barré de rides disparaissait sous une touffe de cheveux hirsute, aussi floconneux que sa barbe elle-même. Ses habits n’étaient que de misérables loques rapiécées en tout sens. Ses chaussures d’où s’échappait un immonde gros orteil ne valaient pas mieux…
« Bien l’ bon jour jeune dam’zelle. Ja vois qu’ vouve’s z’ êtes décidé à vous réveiller. »
« Euh…Bonjour…excusez-moi, mais …qui estes-vous ? » Demanda Joan, perplexe.
« Oh, pardonnez, mil’dy, ja manque à tout’ ma d’voirs, ja suisse Barthes, al bien nommé. Pour vous servi, mil’dy. »
Si son grand âge et la résistance de douteuse de ses os ne l’avaient retenu, il aurait probablement ponctué sa phrase d’une révérence en règle. Grand bien lui fasse. Ce genre de d’idioties n’était pas la tasse de thé de Joan.
« Pour me servir…euh, ah…bah, oui…bien. Dans ce cas commencez par me dire où nous sommes…»
Pour me servir…qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre…
La servitude n’était pas ce que Joan considérait comme une qualité chez un être humain. Pour être plus précis, pour elle, les serfs étaient tous des sots et des faibles. Un incomparable ramassis de limaces rampantes. Rien de bien glorieux…Pas de quoi la ramener en tout les cas…
Mais bon, si çà pouvait lui faire plaisir, à l’autre gugus…
« Z’âtes sommes à Certaques*, à 50 000 blastes* dé la capétiole*. Ici tout est calme, craignez rien, jeune dam’zelle. Et pis ja veille sur’le vous, moué. »
« Certaques ?...blastes ?... capétiole ?...je ne comprends rien de ce que vous me dites. Qu’est-ce que c’est que tout çà ?»
« Comment ? Mil’dy, vous n’savez pas ce qu’c’est qu’une blaste ? Vous connaissez, ni Certaque, ni la capétiole ? »
Le personnage qui lui faisait face ouvrait des deux yeux ronds aussi gros que des soucoupes. Il semblait totalement incrédule et désarçonné. Il avait tout l’air de croire que tout le monde, à son humble avis, aurait dû au moins connaître ces quelques notions de bases.
Mi-figue mi-raisin, ne sachant trop s’il devait en rire ou s’en inquiéter, l’étrange personnage reprit pourtant :
« Mais z’avez bien été instructivée quand même ? Z’avez bien eu un Shî fu *? Vos flustes* sont d’la même que des celles d’une acco*…Z’êtes tout de même pas arrivée à ce niveau toute seule ??? Si ?...A moins qu’z’ayez tout chapardé ! »
Le crâne de Joan semblait être sur le point d’exploser, elle ne comprenait pas un traître mot de son charabia. Si çà se trouvait, c’était un fou, un de ces désaxés qu’on voyait souvent dans les feuilletons…Ceux la même qui aimait à apparaître par une certaine nuit d’orage où comme par une hasardeuse coïncidence, il n’y avait plus de courant et cela même dans le quartier exact où il avait échoué…
On nageait dans la débilité profonde…
Et dire que c’était tombé sur elle…
Joan leva les yeux au ciel. Inutile de tenter de discuter avec ce type, c’était un langage de sourd. Et vu l’air avec lequel il la considérait, il devait penser que c’était une voleuse…Une voleuse, doublée d’une ignare. Rien que çà.
Shî fu, flustes, acco…pfiiuu ! Qu’est-ce que c’est que toutes ces salades encore !
Joan mis délibérément fin à la discussion en tournant le dos à son interlocuteur.
A quoi bon se fatiguer. Il était clair qu’ils n’arriveraient à rien comme çà.
De toute façon, elle manquait de sommeil et elle était bien décidée à rattraper le temps perdu.
« Hey ! Hep là ! La p’tite dam’zelle ! Ja vous cause ! Hey ! Ho ! »
Trop tard. Joan, l’ignora superbement. Qu’il continue à s’exciter si çà lui chantait. Elle, elle avait mieux à faire.
Elle continuait à percevoir en arrière fond sonore les récriminations du vieux fou, mais la fatigue s’abattit sur elle comme une chape de plomb et elle n’en fit plus grand cas. Dormir. C’était tout ce qu’elle désirait. Dormir…Joan ferma les yeux et son esprit par la même occasion.
Mais les pensées ne cessait de tourbillonner à toute à allure dans sa tête.
Où pouvait-elle bien être ?
Où étaient maintenant Médérick et Vin ?
Étaient-ils sains et sauf ?
S’étaient-ils fait gronder pour leur escapade et être rentrée sans elle ?
Étaient-ils mêmes rentrés ? Et Vin ? Que devenait-il sans elle ?
Ses idées bourdonnantes, aussi tenaces que d’effroyables moucherons l’agaçaient et ne la lâchaient pas. Elles envahissaient tout l’espace de sa boite crânienne sans lui laissez le moindre espoir de repos. L’amertume l’envahissait.
Viny…
Pour la première fois, Joan eu une pensée tendre à l’égard de son petit frère. Non pas qu’elle n’en ai jamais eu. Mais c’était habituellement d’une manière toute différente, presque détachée. Une tristesse soudaine l’assaillait.
Il avait pratiquement toujours été sur ses talons. Depuis qu’il avait été en âge de raison, il l’avait toujours prise comme model.
Au début, elle avait trouvé çà amusant. Puis un peu lourd. Mais même si elle était souvent rude avec lui, sous des dehors bourru, elle cachait au fond d’elle un cœur de guimauve et une tendresse touchante à son égard. Après tout c’était son petit frère, non ?
Et les mystères de la filiation en faisaient à ses yeux un être précieux. Il n’était pas parfait. Mais on ne choisissait pas sa famille non plus, n’est-ce pas ?
Joan ne tarda pas à sombrer dans un sommeil aussi profond qu’agité. Elle ne cessa de gémir et gesticuler en tout sens, comme en proie aux pires tourments qui soit.
Son cerveau las, rejouait avec mille variations son dernier souvenir. Elle revoyait Médérick, Vin, la maison des Hagets, cette vieille baraque pourrie, le froid l’envahissant, l’absence de lumière. Masochiste, il lui renvoyait inlassablement, sous ses paupières closes, les plus horribles accidents qui au auraient pu arriver aux deux garçons.
Lorsqu’elle rouvrit les yeux Barthes était là, assis à côté du lit. Silencieux, l’air sombre, il fumait ce qui pouvait aisément passer pour une pipe. Il avait placé l’une des chaises à côté de sa paillasse. Adossé au mur, les pieds du siège en équilibre, son propre pied appuyé contre le bord de la table de fortune, il semblait réfléchir.
Ses petits yeux noirs reluisaient comme deux morceaux de charbon dans la pénombre. Sa pilosité blanchâtre se détachait comme deux petits îlots de lumière.
Joan, les yeux hagard, était trempée de sueur. Elle laissât échapper un léger gémissement plaintif. Trop inaudible pour qu’il y fasse attention.
Oh non…
Elle n’était pas du tout prête pour une quelconque joute morale avec le bonhomme. Et surtout pas verbale. Lui par contre, semblait l’avoir attendu…
Elle se demanda s’il était en colère. Son visage sans expression ne laissait pas deviner son humeur actuelle, ni même quel pouvait être le cours de ses pensées. Joan frissonna. Tel un serpent au aguets, il semblait s’être préparé à son réveil. Il guettait sa frêle proie. Pas moyen de lui échapper…
Il maîtrisait quand même assez bien ses émotions pour un simple miséreux…Son calme apparent lui donnait froid dans le dos.
Joan voulut dire quelque chose. Elle ouvrit la bouche. Présenter des excuses ? Elle la referma aussitôt. Çà n’avait jamais été dans sa nature, çà. Et puis qu’aurait-elle bien pu lui dire ? Par-dessus les excuses, s’il y avait une chose qu’elle exécrait, c’était bien la banalité. De plates excuses. Autant la laisser rire. Elle préférait mourir déchiquetée dans d’atroces souffrances plutôt que d’en arriver à cette déplorable extrémité.
Barthes sourit. Il avait très bien saisit son trouble. Sa dentition irrégulière mais d’une blancheur bien trop éclatante pour un tel individu se découpait dans le noir. On pouvait y voir briller une dent en or dans le coin en haut à droite. Il y avait plus de chicots rassis que de dents dans cette bouche et ce sourire paraissait effrayant. Carnassier, même.
Prenant tout son temps, il dit :
« Ja vois qu’la p’tite dam’zelle à fini par as réveiller… »
« Hum…Non, c’est vrai ? Vous arriver à voir, vous ? Eh bien ! Je constate que vous avez une bonne vue. Ce doit être un sérieux atout, pour un homme comme vous, non ? »
« … »
« Z’avez l’humour vif, jeune dam’zelle » reprit-il un moment plus tard entre les dents de sa mâchoire serrée.
« Mais vous z’inquiété pas as sujet, ja met çà sur l’acompte d’la fatigue, oui da, sur l’acompte d’la fatigue…Ya pas d’autre choz’, Mais faudra en ra parler da tout’ çà. Plus tard, si la voulez bien, da. Pask’ là, faut ptet’ penser à s’remplir l’caisson. »
Se remplir le caisson. Cette expression réveillait un souvenir bien trop longtemps refoulé au fond d’elle. Depuis combien de temps était-elle inconsciente et depuis combien de temps son corps n’avait-il pas été correctement nourrit ?
Mmm, Manger…
C’était bien la seule qu’elle déchiffrait depuis qu’il avait décidé d’exhiber son vieux tas de chicos pourris sous ses yeux. Autant pour elle. Il était l’heure de manger et elle devait avouer qu’elle mourrait de faim. Pour ne pas dire autre chose. Je crois bien que s’il lui avait présenté à cet instant précis, successivement, un bœuf, un mammouth et un chameau*, elle n’en aurait fait qu’une bouchée sans en laisser une seule bosse !
Joan acquiesça. Barthes sourit. Apparemment la petite comprenait à merveille lorsqu’il s’agissait de ses propres intérêts. Elle était encore faible et il l’aida à se lever. Une fois assise à la table, il allât chercher de rudimentaires couverts qu’il posa devant elle. Une cuillère en bois fortement usagée et une demi-calebasse, d’une quelconque légumineuse vidée et séchée, qui servait de récipient.
Joan regarda avec curiosité la demie courge noirâtre qui paraissait avoir servit des centaines de fois.
Yerk…
Ce n’était pas vraiment le moment de faire des manières mais ce n’était pas tout à fait ragoûtant et lorsque Barthes se retourna pour aller chercher le repas en lui-même, elle passa vivement sa chemise en jute d’une couleur douteuse sur le fond du « bol » pour tenter de l’essuyer, sinon lui donner meilleur aspect.
Barthes revint avec un second couvert, identique au précédent.
Quel miracle qu’il en ait deux…À moins qu’il ne l’ait fait uniquement pour moi…Auquel cas, quel honneur…, pensa ironiquement Joan.
Alors qu’il retournait encore une fois au fond de la pièce, Joan le suivit du regard. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir une sorte de gazinière nature dans ce qui avait tout l’air d’être le coin cuisine. Elle ne l’avait pas vu auparavant, mais c’était évident qu’elle avait toujours été là. La tiédeur de la pièce pouvait en témoignait. Bien sur, il fallait bien chauffer cette « maison », c’était l’évidence même et elle aurait du s’en douter…
La gazinière n’était autre qu’un vieux seau dans lequel un trou était percé et sur lequel était posée une vieille grille rouillée. Dans le trou, il y avait une fournée de charbon, dont les braises rougeoyantes renvoyaient de léger éclat de flammes et sur le gril, des morceaux de viande rôtissaient à leur rythme.
Barthes s’affaira un moment de ce côté, puis au bout de ce qui parut une éternité à Joan, il revint avec « le déjeuner ».
Joan ne savait absolument pas ce que c’était mais çà sentait foutrement bon. Tant mieux çà couvrait la puanteur dans laquelle ils baignaient à tout moment. Elle avait un tel creux qu’elle avait la désagréable impression d’avoir un trou en lieu et place de son estomac. Barthes ramena la viande grillée et une sorte de purée de couleur marron, épaisse comme du gruau. Joan avait beaucoup trop faim pour analyser ce qu’il déposa dans ce qui lui faisait office d’assiette. Elle sauta dessus. Ce n’était pas si mauvais que çà en avait l’air. C’était mangeable et même délicieux. Mais ne disait-on pas que c’était la faim qui avait du goût ?
Joan avait mangé rapidement et en silence mais elle ne pu cependant retenir plus longtemps une interrogation.
« Qu’est-ce que c’est ? …Enfin était…Qu’est-ce que c’était ?»
Demanda t-elle en désignant la viande sur laquelle s’acharnait le vieux.
« Ch’ais ad l’a …bégachieu… » Répondit-il la bouche pleine et le visage plein de graisse.
Si Joan avait lutté tant bien que mal avec sa cuillère, Barthes lui s’était jeté sans préambule sur le gibier, toutes dents et tous doigts dehors. Il l’avait agrippé à la sauvage et déchirait la chaire tendre à pleines dents.
« Comment ? »
Joan leva un sourcil interrogateur. Elle regardait les morceaux de fibres blanches se détacher en s’effilochant. Ce type était véritablement un monument d’aversion. Il ne savait absolument pas se tenir à table. Vraiment tout ce qu’elle détestait. Elle en fut quitte pour lever une fois encore les yeux au ciel. Encore quelques stupidités dans ce genre là et elle pourrait carrément se les attacher aux cils…
« Plait-il ? » Reprit-elle, de plus en plus excédée. Elle était à deux doigts de perdre son calme.
Barthes déposa violement le bout d’os qu’il rongeait dans son « bol » et hurla presque, à bout lui aussi.
« D’la bécasse ! Z’auriez du al’ reconnaître, çà doit être une copine à vous nan ?! »
Joan le foudroya du regard. Il se calma d’un coup.
« Oué bon z’enfin, z’avez compris as’ te fois, nan ? Désolé par al coup d’sang, mais ja n’é pas l’accoutume da être dérangé quand ja broutille un boulot »
Joan eut un léger mouvement d’épaule. Quel crétin ce type…Et il s’excusait en plus. Mais c’était normal, çà n’aurait pas été à elle de le faire de toute façon.
Elle n’était pas sure du sens de tout les mots mais dans les grandes lignes elle avait compris qu’il devenait aussi hargneux qu’un bouledogue rongeant son os à moelle si on le dérangeait quand il mangeait. Barbare. Il n’y avait pas d’autre mot pour ce type. Barbare et sauvage. Conan, n’aurait rien eu à lui envier.
Bon, tout çà commençait à faire un peu trop là. Elle voulait des réponses maintenant. Et puis d’abord où diable était-elle ! Elle n’avait pas souvenir d’une telle habitation dans les environs de la maison des Hagets. Il lui fallait des réponses et tout de suite ! Elle en avait plus qu’assez. Maintenant qu’elle avait le ventre quasiment plein, les pièces du puzzle commençaient à s’assembler, son cerveau retrouvait avec aisance ses habituelles gymnastiques spirituelles.
Après le déjeuner, Barthes l’aida à se recoucher.
Quelle honte de dépendre encore de cette…de cette…chose…c’est immonde…ah !
Quand il eu fini de débarrasser la table…
Je suis sur qu’il n’a fait l’effort que parce que je suis là…pensa Joan.
Ou peut-être était-ce parce qu’elle n’avait pas arrêté de le foudroyer du regard depuis la fin de leur frugal pitance, le posant tantôt sur lui, tantôt sur les reliefs du repas qui étaient restés au même endroit.
…Il s’installa sur sa chaise à côté du lit et bourrant sa pipe, il se mit ensuite à la fumer tranquillement. Joan le regardait faire.
A sa demande, il lui expliqua comment quelques jours plutôt, deux pour être exact, il l’avait retrouvé par le plus grand des hasards, inanimé dans une ravine où il lui arrivait d’aller chasser. Elle avait eu énormément de chance d’après lui. Il ne comptait pas venir se réapprovisionner dans ce coin là avant des jours…
Mais j’étais où ? …J’étais où, putain…
Je crois que je suis sortie vers 01h00 du mat’ avec Vin et Médérick…Oui c’est cela…
Putain, mais qu’est-ce que j’ai fait après ?
On a été à la maison des Hagets, çà je m’en souviens parfaitement mais après…
Mais c’est quoi ce flash !
Après je ne me rappel plus de rien !
Je ne bois pas, je ne fume pas, je suis saine d’esprit… Alors pourquoi je ne m’en souviens pas ?
Vraiment, je n’y comprends absolument rien.
Ce n’est pas un rêve
J’en suis sur, je n’ai pas dormi. Je ne me suis même pas couchée ! Quoi qu’en dise le vieux, mon « absence » n’a eu lieu qu’après…bien plus tard…impossible autrement !
Peut-être suis-je sortie de la maison à force de courir…il… il y a des bois non loin…
Je,… oui c’est cela, je me suis perdue dedans et le vioc m’a récupérée…voilà c’est çà…exactement…
Putain c’est grave mais quel jour est-on aujourd’hui ?
Je ne sais même pas…
Rien n’est clair, il faut vraiment que quelqu’un m’éclaire, là…
Elle sombrait. Malgré elle. Tout çà était de sa faute. A elle et à son ambition démesurée. Qui se souciait de l’article de l’école maintenant ? Et du rituel du club photo ?
On devait probablement les chercher à l’heure actuelle. Ses parents devaient se faire un sang d’encre. Et si Médérick et Vin était dans la même situation qu’elle ? Perdus dieu sait où ? Ils auraient droit à un sacré savon en rentrant…Si leurs parents les retrouvaient…
Joan se réveilla en sursaut. Tout ce que Barthes lui avait confié, additionné à l’action conjuguée de son cerveau tourmenté, çà avait été trop pour elle. Elle avait été submergée et elle s’était assoupie à nouveau. Au moins avait-elle pu dormir. Passant machinalement sa main sur le lit voisin, elle la retira prestement en sentant l’épais sac de paille. C’est vrai, elle n’était pas chez elle. Elle soupira. Il serait peut-être bon de discuter encore avec le dingue. Cependant la paillasse à côté d’elle était vide de tout occupant. Etrange. Il était là quelques instants plus tôt encore. Elle pouvait sentir la place tiède que sa présence avait imprimée dans les vieux draps. Vraiment étrange. Mais toute cette histoire ne l’était-t-elle pas ?
Elle s’étira longuement pour détendre ses muscles engourdis. Rien ne pressait. Elle avait tout son temps. Il lui fallait remettre ses idées en ordres. Elle en avait assez d’être la proie de rêves tous plus déroutant les uns que les autres, d’idées noires et de regrets. Surtout de regrets. Elle s’en sentait amoindrit et dieu seul savait combien elle détestait être faible.
Joan se leva et hasarda quelques pas. On avait vite fait le tour de la pièce et elle se retrouva rapidement à l’autre bout.
Dommage que le vieux ne soit pas là…
Elle s’ennuyait à mourir et çà aurait été, somme toute, une sorte de divertissement que de l’avoir sous la main…
Elle avait envie d’aller faire un tour. Voir ce qui se trouvait au de-là de cette pièce. Marcher lui ferait du bien. Le vieux n’était pas là, rien ne la retenait. Elle n’avait pas recouvré toutes ses forces mais elle se sentait assez d’attaque pour une virée. Pour voir ce qui l’attendait à l’extérieur. Cette idée la taraudait.
Elle ne savait pas qu’elle heure il pouvait bien être. Son somme avait été plus long que prévu. Il devait probablement être tard. Dehors, il faisait nuit. Le morceau de verre sale qui servait d’ouverture murale renvoyait la clarté blafarde de la lune. Qu’importe. Il lui fallait de toute façon renouveler cet air vicié qui s’incrustait jusqu’au fond de ses narines. Et chasser l’odeur on ne peut plus repoussante qui imprégnait ses vêtements.
Elle poussa la lourde porte de bois vermoulu qui se trouvait devant elle. Les gonds avaient gonflés à cause de l’humidité ambiante. Champignons et moisissures avaient élus domicile dans ses moindres recoins. Par conséquent, celle-ci ne broncha pas sous le faible effort. Joan poussa plus fort cette fois, et la porte céda dans un horrible bruit de succion, et en chuintant.
L’air vif et frais vint la cueillir, agitant ses longues mèches charbons. Joan huma l’atmosphère légère au parfum sauvage. Ce n’était pas les odeurs forestières familières, elle ne les reconnaissait pas toutes mais elles s’assimilaient bien toutes à celles de la nature libre, pure et odorante dans toutes ses variations.
Une allée d’arbres tordus s’ouvrait devant elle. Ils étaient tous plus lugubre, les uns que les autres. Néanmoins, pas de quoi effrayer Joan. Une lune de trois fois sa taille normale avalait l’horizon nocturne et profilait sa face jaunâtre, où l’ombre de reliefs et de creux ressortait dans des teintes noires et grises. Joan profita un instant de la plénitude que lui apportait la sensation de liberté puis elle fit le tour de la maisonnette. Ce que cela faisait du bien de jouir du grand air. Elle était détendue maintenant. De sourds chuchotements ronflaient de l’autre côté. Joan voulut voir d’où ils pouvaient bien provenir et s’avançât à pas de loup.
De l’autre côté, le vieux, agité, semblait parler à une ombre.
Qui est-ce ?
Joan était étonnée d’apprendre que quelqu’un pouvait s’intéresser au vieux. L’échange animé, pratiqué sur un ton volontairement bas prenait des allures de messes basses. Le chuchotement montait en puissance. L’ombre s’animait en tout sens et gesticulait. Apparemment ils ne partageaient pas le même point de vue. Joan se rapprocha un peu plus. Elle ne comprenait toujours pas de quoi il en retournait mais au moins maintenant, elle pouvait saisir quelques brides de conversations.
« …Ce n’est pas un bon prix… »
« Je…généreux…souvenir fuyant… »
« C’est quand même une bonne affaire…et des équipements inconnus…pas d’ici…je parierais la dessus… »
« …certes mais …conséquences...commerce dur par les temps qui courent…ne sert à rien…peux pas la refourguer à un bon prix… »
« …mange bien…les barbots* l’apprécieront…bonne taille…goût sur… »
« Bon allez …top là l’ami…jt’en fais un prix….Une douzaine de …et je récupère ton fardeau…qu’est-ce t’en dit ?.... »
« Oh, là…c’est qu’tu me braques l’ami !...ton prix…pas…mais…élevé…bon….usage divers….allez….acceptes… »
« Ah, non…car…autre affaire…condition…pars… »
« Bon…accepte…mais…seulement...et… »
« …ok…affaire conclue…sexe ?...garçon… »
« On…d’accord… mais …mère…savoir çà…. »
« …etc.… »
Joan fronça les sourcils. Le vieux Barthes avait l’air de parler bien mieux tout d’un coup. Ce n’était pas des plus rassurant. Il semblerait qu’elle avait vu juste et que le dit « Barthes le bien nommé », n’était autre qu’un simulateur et un calculateur. Quel être abjecte !
Les deux négociateur semblait vouloir se rapprocher dans la direction de Joan aussi recula t-elle vivement derrière un arbre, tout en les regardant passer devant elle.
L’autre était un homme à fort embonpoint. Il avait à peu près la même carrure que Barthes mais à la différence avait des moustaches….C’était tout ce qu’elle avait eu le temps de relever, à part peut-être le mauvais goût vestimentaire dont il faisait preuve. Il était accoutré comme les mexicains des films bas de gamme. Une chemise blanche, un pantalon écru crasseux, une épaisse ceinture de matador et une sorte de sombrero à la colonel Garcia. Aucuns goûts, vraiment.
D’après ce qu’elle avait pu interpréter le vieux voulait vendre quelque chose qui risquait de rapporter son lot d’ennuis à son comparse. Joan réfléchit. Pourtant à sa connaissance, s’il y avait bien une chose pour laquelle brillait Barthes c’était bien par son absence de biens…
Que pouvait-il bien cherché à vendre ? Avait-il un magot planqué quelque part sous la forme d’honorables bijoux ? Non pas des bijoux, ce serait trop voyant et puis il ne serait déjà plus dans cette misérable chaumière…Rien qu’en quelques jours elle avait appris à connaître plusieurs de ses multiples facettes. Trop pingre, trop avare, trop imbu de sa propre personne, Barthes était du genre à exhiber sa réussite et à rabaisser les autres. Ou plus sournois à poignarder dans le dos….
Tout çà ne lui disait rien qui vaille. Il était grand temps qu’elle mette les voiles.
Joan retourna dans la pièce tiède. Elle n’éprouvait que maintenant la différence de température. Ici, il faisait chaud. Le feu qui brûlait au centre de la pièce y apportait une certaine chaleur. Dehors, même s’il ne faisait pas a proprement parlé froid, l’air était coupant. Elle avait les mains gelées par son petit séjour à l’extérieur. Elle entassa les découpes de toiles sales qui lui avait servis de drap de telle sorte qu’en regardant l’amas qu’ils formait on avait l’impression que Joan se trouvait en dessous. Elle fourra ensuite plusieurs des bouts restants des bécasses du « festin » du début d’après-midi dans les poches de sa chemise. Il lui restait un drap inutilisé et elle en profita pour s’en envelopper. La nuit s’annonçait très fraîche dehors.
Quand elle sortit, elle partit dans le sens opposé à l’endroit où les deux hommes s’étaient enfoncés dans les ténèbres. Elle sursauta en tombant nez à nez avec une lune, nettement plus petite que celle qu’elle avait vu en sortant la première fois. Elle se retourna, l’autre toujours aussi grosse, continuait à squatter l’autre coté du ciel. Joan prit peur. Qu’est-ce que c’était que cette aberration ? Où était-elle donc ! Elle s’enfonçât en courant dans la forêt obscure.
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* Certaques = Une ville de la contrée du Luthes à Ter-Ador
* Capétiole = capitale
* Blastes = kilomètres
* Shî fu = maître. Dans le sens où Joan serait une apprentie.
* flustes = invention personnelle, dérivée du mot frusques. Langage populaire signifiant vêtements. Plus particulièrement usagés.
* acco. = diminutif de accolyte. L’accolyte est une branche dérivée du clergé Ter Adorien. Ce sont des sortes de prêtres renégats. Ils peuvent soigner les blessures et les changements d'état des personnes. Ils sont également très puissants lorsqu'il s'agit de combattre des mort-vivants ou des fantômes.
* référence à Astérix et Obélix au… où l’une des épreuves consiste à manger tout ce que présente l’aubergiste. Il amène notamment un chameau, du sanglier, de l’éléphant et tout un tas d’autres plats farfelus qu’Obélix se fait une joie d’engloutir.
* barbots= touristes. Péjoratifs ici, plus dans le sens de pigeons, gogos.
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(no subject)
Dec. 2nd, 2005 | 11:48 am
Bon alors marre de foirer a chaque fois ma mise en page donc là ne faites pas attention c'est juste quelques petits tests de commandes histoire de voir...
test de commandes
gras
Italic
souligné
a droite
Test de mots de trouvant sur un alignement droit
Test de mots de trouvant sur un alignement droit
Test de mots de trouvant sur un alignement droit
Test de mots de trouvant sur un alignement droit
Test de mots de trouvant sur un alignement gauche
Test de mots de trouvant sur un alignement gauche
Test de mots de trouvant sur un alignement gauche
Test de mots de trouvant sur un alignement gauche
Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa. Alinéa.
a gauche
paragraphes.paragraphes.paragraphes.para
paragraphes.paragraphes.paragraphes.para
paragraphes.paragraphes.paragraphes.para
paragraphes.paragraphes.paragraphes.para
paragraphes.paragraphes.paragraphes.para
paragraphes.paragraphes.paragraphes.para
- liste
- urgente
- à effectuer
- point
- point point
- point point point XD

( lj cut )
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GRRRRR
Dec. 2nd, 2005 | 10:16 am
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Oups, raté! Désolée
Dec. 1st, 2005 | 05:47 pm
Bonjour...
Bon ben comme vous avez du le comprendre j'ai perdu. Je n'ai pas réussit à boucler le nanowrimo 2005. Dommage. en même temps, se réveiller à peine 2 jours avant faut le faire! Bon ben au moins l'an prochain j'y serais mieux préparée voilà tout
Donc du coup je suis à :
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41,300 / 50,000 (82.6%) |
Je n'ai pas le net chez moi donc ma dernière validation est à 34 000 et des poussières... A 22h30 il m'a parut impossible et quasiment insurmontable de faire environ 10 000 mots en moins d'1h. (il fallait que je tel à Azh' qu'elle puisse valider pour moi...) donc j'ai capitulé à cette heure là et je me suis taper un bon DVD de HP volet 3 à la place lol
Du coup je finirais l'histoire mais en un peu moins speed lol ^^ je vous posterais les prochains chapitres dans quelques temps ^^...Ils sont presques tous terminés. voilà, voilà. ainsi s'achève une super aventure, quoique un peu stressante sur les bords lol
(j'aime bien cette phrase, je pourrais la reprendre quand j'aurais poster la fin de l'histoire ptdr
Et puis comme j'ai plus de temps maintenant ben, quand je pourrais vous aurez droit à des bonus en plus XD
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progression
Nov. 30th, 2005 | 12:08 pm
mood: fighting girl
music: Elephant man - dancehall riddim (I dance to crazy) pas sure
hier soir c'était folklo:
tout d'abord pas de cours donc je rentre plus tot donc je bosse le nano plus tot, eh ben non!
j'ai passé 2h à scruter mon écran! sans inspi!
je devait avoir un dinner avec des voisines à 21h, heureusement il a été annulé et j'ai pu retourner à mon nano...et passer....4h de plus à glander devant l'écran! à 01h 00 du mat' j'ai capitulé j'avais rajouté moins de 500 mots ><
Bon ce matin je me suis levé à 5h30 du mat' et j'ai commencé à bosser. j'ai même séché mon jap' prévisionnel pour avancer! en même temps autant surfer sur la vague d'inspi lol :P
donc pour le coup j'en suis actuellement à :
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34,378 / 50,000 (68.8%) |
Bon c'est cool tout çà, mais le nano çà se termine à 00h00 et je suis loin des 50 000 encore!
Je retourne bosser!
ah oui petite précision. Comme j'ai bien avancé, mon chapitre 2 est presque fini. mais du coup il fait presque 10 000 mots! TT_TT (maudite sois je ! il fait déjà plus de 8 000 mots et il memanque encore une bonne partie...)
A suivre...
NaNo, vais je te vaincre ?
Humeur :
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Progression
Nov. 29th, 2005 | 04:28 pm
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27,337 / 50,000 (54.7%) |
Lol, 2/3 jours de plus et c'était tout bon.
J'ai bientôt bouclé mon chapitre 2, Encore deux passage et il fera plus de 7 000 mots aussi. Entre autres bonnes nouvelles, les chapitres 7, 8 et l'épilogue sont bouclés. Les autres sont pas mal dégrossit. surtout le 4. Sinon ceux qui risque de me poser problème sont les 3 et 5, car même si je sais ce que je veux y mettre je n'ai pas trop d'inspi et les 6, 9 et 10, parce qu'ils seront prévisionnellement riches, bien trop. Du style du 1 et du 2. C'est un peu forçant de pondre des chapitres de 7 000 mots...*roll eyes*
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Petit délire
Nov. 24th, 2005 | 03:29 pm
Un pti truc que j'ai trouvé super mignon sur les blogs d'
azhurheart ,
lilibel ,
eligyah etc.... Je ne sais même plus d'où çà vient du coup lol.








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Chapitre un
Nov. 24th, 2005 | 03:17 pm
Nbre de Mots : 7 161
Nbre total : 18 321
Bon voilà, je viens enfin de finir mon chapitre un! Ouf! C'est pas trop tôt ^^
J'ai du retard un peu partout, sumimasen ^^ . Il va surement vous paraitre abrupte et un peu bizarre mais bon vu le peu de temps qu'il reste avant la fin du nano, en ce moment j'écris plus pour faire le compte de mots que pour faire une jolie histoire :P dsl
Bon allez j'arrête de blablater, Bonne lecture ^^
J'attend vos comms avec impatience
( Chapitre Un )
</o:p>
Humeur :
scribe_girl...your late!!!
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prise en main
Nov. 7th, 2005 | 04:45 pm
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Les aventuriers des temps modernes
Nov. 7th, 2005 | 04:38 pm
Konichiwa!
enfin mon premier post en tant qu'épitaphe. pas de blabla place à la lecture.
a noter tout de même que je n'ai pas encore de nom pour le roman.
faute d'inspi, pour le moment ce sera :
les aventurier des temps modernes.
je ne sais même pas si çà existe déjà ou pas...
